Histoire
de la Fondation

Selon une démarche philanthropique, culturelle et sociale sans équivalent, la Fondation des Artistes (anciennement Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques – FNAGP), créée par l’État et reconnue d’utilité publique en 1976 (décret du 6 décembre 1976, modifié par arrêté du 19 décembre 2018), accompagne les artistes plasticiens aux étapes déterminantes de leur carrière, de l’entrée dans le milieu professionnel au sortir de l’école d’art à l’attribution d’un atelier, du financement décisif d’un projet au rayonnement international de leurs recherches plastiques, de la diffusion de leur travail dans un lieu d’exposition jusqu’à l’accès à une maison de retraite.

À l’origine de la Fondation des Artistes, se trouvent deux actes de générosité : le legs à l’État par la baronne Adèle de Rothschild de son hôtel particulier du 11 rue Berryer à Paris pour la création d’une Fondation Salomon de Rothschild et celui de Jeanne Smith et Madeleine Smith-Champion, deux sœurs qui lèguent leur domaine de la rue Charles VII à Nogent-sur-Marne pour y créer une Fondation Smith-Champion.
Toutes trois passionnées d’art, collectionneuses ou artistes, elles offrent à l’État leurs biens pour soutenir les artistes vivants, avant que ces legs ne soient réunis au sein d’une seule entité qui œuvre aujourd’hui pour l’accompagnement des créateurs, la Fondation des Artistes.

La Fondation Salomon de Rothschild

En 1908, la baronne Adèle de Rothschild indique dans son testament qu’elle souhaite que son hôtel particulier, après sa mort (elle décède en 1922), devienne une « Maison d’Art » au profit des artistes vivants, appelée Fondation Salomon de Rothschild, en hommage à son époux Salomon de Rothschild, prématurément décédé en 1864.
La Fondation Salomon de Rothschild voit le jour le 18 décembre 1922 et compte parmi les membres de son conseil d’administration, la fille de la baronne Hélène van Zuylen, le directeur des Beaux-Arts Paul Léon, le banquier d’affaire et collectionneur Moïse de Camondo, ou encore le couturier et amateur d’art Jacques Doucet. En 1924, la bibliothèque spécialisée en histoire de l’art de Jacques Doucet, appelée Bibliothèque d’art et d’archéologie, qui constitue aujourd’hui le noyau des collections livresques de la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), est transférée dans l’hôtel particulier et inaugurée par le Président de la République Gaston Doumergue.
La demeure est également un lieu d’expositions et d’événements artistiques, comme la grande vente annuelle de livres organisée par l’Association des écrivains anciens combattants. C’est lors de ce gala de charité, le 6 mai 1932, que le Président de la République Paul Doumer est tué par balle par l’opposant russe au gouvernement bolchévique, Paul Gorgoulov. Après Sadi Carnot, Paul Doumer est le second président français assassiné dans l’exercice de ses fonctions.
L’Hôtel Salomon de Rothschild accueille par la suite d’autres grandes institutions comme la Bibliothèque nationale de France et son cabinet des estampes qui s’y installe après le départ de la bibliothèque Doucet, entre 1937 et 1946. À partir de 1967, la demeure abrite également la documentation et les salles d’expositions du Centre national d’art contemporain (CNAC), qui rejoignent ensuite le Centre Pompidou inauguré en 1977.

La Fondation Smith-Champion

La peintre Madeleine Smith-Champion et sa sœur Jeanne Smith décident dès 1909 de léguer leurs deux maisons ainsi que leur immense parc de dix hectares à l’État français, tout en gardant l’usufruit de leurs demeures.
« Après le décès de Madeleine en 1940, puis celui de Jeanne en 1943, le domaine de Nogent-sur-Marne est officiellement légué à l’État, pour la création d’une Fondation Smith-Champion, instituée en 1944 afin d’abriter une maison de retraite pour artistes et écrivains », comme l’avaient demandé les sœurs Smith dans leurs testaments.
C’est ainsi que la Maison nationale des artistes, une des rares maisons de retraite destinée aux créateurs (plasticiens, cinéastes et comédiens, musiciens ou auteurs…) voit le jour en France dès 1945 et accueille ses premiers résidents en 1947. Les années suivantes sont consacrées à l’agrandissement et l’amélioration des conditions d’accueil des artistes au sein de la maison. Grâce à de nombreux dons d’artistes et d’amateurs, des chantiers sont lancés par le premier directeur de l’établissement, le peintre Maurice Guy-Loë, qui eut à cœur d’aider les artistes en difficulté, tout au long de sa carrière.
Plus de cent artistes – peintres, sculpteurs, graveurs, photographes, architectes, écrivains, musiciens, poètes, céramistes, décorateurs, metteurs en scène, illustrateurs, graphistes, ébénistes, orfèvres, relieurs d’art, couturiers, émaillistes, historiens ou critiques d’art… – seront ainsi accueillis à la Maison nationale des artistes entre 1947 et 1976. Des lettres de remerciements de résidents d’alors, adressées à Maurice Guy-Loë, témoignent de la vitalité de la maison au moment de sa création, ainsi que de son rôle majeur dans l’aide aux artistes démunis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

La fusion des anciennes fondations au profit d’une seule entité : la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques, devenue Fondation des Artistes

En 1976, l’inspecteur de la création au Ministère de la Culture Bernard Anthonioz rapproche les deux legs consentis par la baronne Adèle de Rothschild et les sœurs Smith, deux dons importants qui partageaient tous deux le même objectif de soutien aux artistes vivants.

C’est ainsi que la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques (FNAGP) voit le jour en 1976, en se substituant aux deux précédentes institutions – elle devient la Fondation des Artistes en 2018.

Reconnue d’utilité publique et à but non lucratif dès sa création, la Fondation des Artistes est un cas unique de création d’une fondation de droit privé par l’État français, recevant en dotation, les deux ensembles immobiliers objets des legs. Le budget de la Fondation provient exclusivement du revenu locatif des immeubles de la dotation, mais aussi de dons et legs qui peuvent être consentis à l’établissement, tel que celui d’un hôtel particulier dans le 16e arrondissement de Paris offert en 1977 par le peintre Pierre Guastalla. Entité réactive et souple par ses statuts de droits privés, la Fondation des Artistes poursuit une démarche d’utilité publique au service de la création artistique.

L’Hôtel Salomon de Rothschild, devenu le siège de la Fondation, accueille entre 1991 et 1993 un espace d’exposition du Ministère de la Culture, l’Hôtel des Arts, qui sera remplacé de 1993 à 2003 par le Centre national de la photographie (CNP).

Aujourd’hui, plusieurs associations culturelles comme la Maison des Artistes, la Société Nationale des Beaux-Arts, le Syndicat National des Sculpteurs et Plasticiens ou le Comité professionnel des galeries d’art y louent des bureaux. Les salons de réception sont loués à la société Viparis qui y accueille des événements haut de gamme.

Dès sa création, la Fondation s’engage dans la construction d’un parc de trente-sept ateliers, le « Hameau », édifiés en contrebas du parc de Nogent-sur-Marne à la fin des années 1970. Un second lot de trente-cinq ateliers-logements pour artistes sur un terrain mitoyen du domaine de Nogent, la « cité Guy-Loë », est inauguré par le ministre Jack Lang, en 1985. Un effort est ensuite entrepris pour la modernisation de la Maison nationale des artistes qui devient un EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) en 2002, lui permettant notamment de garantir une aide sociale aux résidents qui en ont besoin.
La Fondation décide de développer des missions d’aide à la production et à la diffusion des œuvres en aménageant dans le second hôtel particulier du 16 rue Charles VII à Nogent-sur-Marne un centre d’art, la MABA (Maison d’Art Bernard Anthonioz), qui organise trois expositions annuelles autour de la création contemporaine, de la photographie et du graphisme.
Une commission mécénat, créée en 2011 permet chaque année à une cinquantaine d’artistes travaillant en France de bénéficier d’une aide à la production d’œuvres d’art.

En 2016, la Fondation déploie un mécénat en direction des écoles d’art pour faciliter la transition des jeunes artistes diplômés vers le milieu professionnel.
En 2019, elle s’engage avec d’autres acteurs de l’art contemporain en France à contribuer à une meilleure visibilité de la scène française à l’international.
Parallèlement et depuis les années 2000, la Fondation a eu à cœur de protéger et de partager son patrimoine en restaurant l’ensemble de l’Hôtel Salomon de Rothschild ainsi que son cabinet de curiosités et la rotonde Balzac. La Bibliothèque Smith-Lesouëf à Nogent-sur-Marne a fait l’objet d’un transfert de propriété par la Bibliothèque Nationale de France en faveur de la Fondation, en 2004. Cet espace restauré, vidé de ses collections livresques originales, est ouvert au public depuis 2019.

Dates clés

 

Portraits

 

Personnalités liées au legs Rothschild

Salomon de Rothschild (1835-1864)

Adèle de Rothschild (1843-1922)

Hélène van Zuylen (née de Rothschild) (1862-1947)

Nicolas Beaujon (1718-1786)

Honoré de Balzac (1799-1850)

Eveline Hanska (1804-1882)

Paul Doumer (1857-1932)

 

Personnalités liées au legs Smith-Champion

Jules Smith (1827-1868) et Anne-Léontine Smith (née Lesouëf) (1839-1912)

Auguste Lesouëf (1829-1906

Jeanne Smith (1857-1943)

Madeleine Smith-Champion (1864-1940)

Pierre Champion (1880-1942)

 

Personnalités liées à la Fondation des Artistes (ancienne FNAGP)

Maurice Guyot dit Maurice Guy-Loë (1898-1991)

Bernard Anthonioz (1921-1994)

Pierre Guastalla (1891-1968)